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L’économie mondiale face au défi d’un affaiblissement du dollar

Allnews Francois Savary et Cédric Mondada lancent Genvil Wealth Management & Consulting SA
François Savary, GENVIL SA

Si les perspectives de dépréciation envisagées restent modérées, il n’en demeure pas moins que la monnaie de l’Oncle Sam souffre aussi des craintes relatives à la fin de l’exceptionnalisme américain.

Allnews I 27 Mar 2025 I François Savary, GENVIL SA

Contrairement aux attentes de nombreux investisseurs en début d’année, le billet vert s’affiche en repli depuis le 1er janvier, tant en termes d’indice que face à la seule monnaie européenne; de plus, les positions spéculatives haussières sur le USD se sont (fortement) inversées au cours des dernières semaines. A la lumière des révisions d’objectifs à la hausse sur la paire EUR/USD, auxquelles plusieurs institutions financières ont procédé, le vent semble avoir tourné pour la devise de l’Oncle Sam. 

Si les perspectives de dépréciation envisagées restent modérées, il n’en demeure pas moins que la monnaie de l’Oncle Sam souffre aussi des craintes relatives à la fin de l’exceptionnalisme américain. 

La gestion chaotique des dossiers économiques par l’administration Trump 2 n’est pas étrangère aux développements sur le dollar. Le fléchissement de la conjoncture US, que les révisions de la Réserve Fédérale ont récemment «entériné», s’accompagne d’un renforcement des attentes de baisse des taux directeurs US depuis quelques semaines. La faute aux incertitudes créées par la «politique» tarifaire du locataire de la Maison Blanche, qui assombrit le climat de confiance des entreprises et des consommateurs (dont l’enthousiasme est tombé au plus bas niveau depuis 2021 au mois de mars). 

Une faiblesse du dollar n’est pas faite pour nous déplaire, si elle reste modérée et graduelle, vers des objectifs de 1,10-1,15 contre Euro à horizon 12 mois, par exemple.

A contrario, il faut toujours se méfier des inversions de tendance trop rapide sur le billet vert, souvent associées à un renforcement de la volatilité sur marchés financiers. A cet égard, les marchés bruissent de commentaires sur  un possible «accord de Mar a Lago», c’est-à-dire d’une possible entente entre les principales économies de la planète pour favoriser une dépréciation concertée du dollar, à l’image du célèbre accord du Plaza de 1985.

Certains vont même jusqu’à considérer que toutes les gesticulations tarifaires de D. Trump ne sont que des armes de négociations pour mettre la pression sur les partenaires des Etats-Unis, en vue d’atteindre l’objectif ultime: un réalignement significatif à la baisse de la valeur du dollar. Ignorez donc ces «histoires ridicules» de tarifs et concentrez-vous sur la baisse du dollar que les grands argentiers vont mettre en musique! Voilà l’argument, en substance.

On peut être dubitatif sur cette thèse, ne serait-ce que parce que le monde de 2025 n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1985.

La montée en puissance de la Chine depuis 20 ans s’accompagne d’un défi multiforme à l’hégémonie de Washington; on voit mal Pékin se joindre à accord de cette nature, alors que l’Empire du Milieu est déjà confronté à une douloureuse gestion de la crise immobilière et de ses pressions déflationnistes pour l’économie domestique. Sans participation de la Chine, les chances d’un arrangement concerté sur les changes nous semblent minces. 

Sur le front européen, les conditions pour une entente ne semblent pas non plus des plus favorables, l’Amérique de D. Trump et JD Vance n’ayant pas cessé de faire savoir à l’Europe qu’elle comptait de plus en plus pour quantité négligeable dans le nouvel ordre international que la Maison Blanche semble vouloir instaurer.  Pourquoi les grands argentiers européens seraient-ils enclins à un tel accord alors que le Vieux Continent a la plus grande difficulté à redonner du souffle à sa croissance économique ? Car, last but not least, l’expérience de l’accord du Plaza n’a pas laissé que de bons souvenirs économiques! Le meilleur exemple est sans doute celui du Japon, dont la décennie perdue des années 1990 trouve, au moins pour partie, son origine dans l’arrangement susmentionné. 

Une probabilité limitée de voir émerger une concertation internationale pour un réalignement de la valeur du dollar devrait donc nous rassurer. En partie seulement!

Si les membres de l’administration Trump clament ouvertement le maintien de la politique du dollar fort, il faut prendre ces propos avec un certain scepticisme, ne serait-ce que parce que lorsque l’on invoque une question de manière répétée en affirmant l’absence de problème, c’est peut-être à ce moment-là qu’il faut se montrer le plus vigilant. En outre, le comportement erratique du locataire de la Maison Blanche et sa propension à agir de manière intempestive peuvent nous réserver des surprises. Dans ce contexte, le dollar ne fait pas exception! 

En conclusion, si un réalignement concerté du billet vert ne nous semble pas des plus probables, il ne faut certainement exclure que ce dernier subisse un repli beaucoup moins graduelle et d’ampleur moins modérée que le consensus l’anticipe. De quoi conserver cette question à l’esprit dans les décisions d’allocation d’actifs tout au long des prochains mois.

GENVIL Wealth management & Consulting S.A
Rue Claudine-Levet 7
1201 Genève

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